Revue de presse
02.06.09 : « Des associations se mobilisent pour l’emploi des personnes handicapées » Métro
Mai 2009 : Changer le regard
« Changer le regard… » :
Boris Bertin, délégué général d’ARPEJEH, nous présente son association et revient pour nous sur son engagement dans la dynamique Handivalides, plus particulièrement autour des tables-rondes de la campagne auxquelles il a participé.
ARPEJEH en quelques mots (vocation, missions, valeurs…).
L’association ARPEJEH est une association réunissant des organisations professionnelles privées et publiques (entreprises, établissements publics, collectivités locales…), de tous secteurs, engagées dans une politique active en faveur de l’emploi des personnes handicapées, de l’égalité des chances et de la diversité.
Quatre ans après la loi du 11 février 2005 devant notamment permettre à toutes les personnes handicapées de choisir leur projet professionnel, nous sommes partis du constat qu’un grand nombre d''entreprises et administrations ne parviennent pas à respecter l''obligation légale d''emploi du quota de 6% de personnes handicapées. Or cette difficulté de recrutement réside, essentiellement, dans la question de la formation de ces salariés. En effet, trop de personnes handicapées sont aujourd''hui sous qualifiées et trop peu peuvent poursuivre des études supérieures. Il est important de créer les dispositifs et les passerelles possibles entre scolarité et activité professionnelle pour permettre aux jeunes personnes handicapées d''entreprendre des études et une vie professionnelle correspondant à leur choix.
Au regard de cette situation, l’association ARPEJEH se donne comme vocation de promouvoir la formation, la qualification et l’emploi des personnes handicapées en accompagnant les jeunes adolescents handicapés dans leurs parcours de formation et la construction de leur projet professionnel.
Mutualiser la volonté des organisations professionnelles pour déployer des actions en direction des élèves et des étudiants handicapés ; informer, dès le collège, les jeunes handicapés et leur environnement (familial, pédagogique, associatif) sur les métiers des organisations membres d’ARPEJEH, leur accessibilité en termes de cursus de formation, et les politiques d’accueil déployées pour favoriser l’accès à l’emploi ; accompagner les étudiants handicapés via des solutions humaines (tuteurs/parrains) dans leurs parcours d’études supérieures pour favoriser la construction de leur projet professionnel et leur accès à l’emploi ; favoriser la rencontre entre jeunes personnes handicapées et professionnels, en offrant aux élèves et étudiants handicapés un accès privilégié des organisations membres de l’association pour des stages professionnels, des stages découvertes, des visites d’entreprise, des rencontres avec des interlocuteurs métiers, et plus généralement toute occasion renforçant la connaissance mutuelle et induisant une sensibilisation directe et réciproque des acteurs… sont autant de solutions proposées par l’association.
Comment s’est opéré le rapprochement avec Starting-Block et votre engagement dans la dynamique Handivalides ?
La problématique de « changer le regard » est commune à nos deux associations. Pour Starting-Block il s’agit de changer le regard des étudiants sur les personnes handicapées et pour ARPEJEH de changer le regard des personnes handicapées sur le monde professionnel, leur démontrer notamment que des entreprises sont aptes à les accueillir et qu’elles peuvent se projeter dans un avenir qualifié.
ARPEJEH est intervenu sur les tables rondes de la campagne Handivalides pour la première fois cette année. L’objectif était essentiellement de présenter l’association aux étudiants mais aussi de rencontrer les établissements supérieurs pour connaître leur politique d’engagement envers les élèves handicapés. L’association incite les élèves à avoir un projet d’études et raisonne en terme de continuité de parcours de formation. L’implication des établissements supérieurs est donc importante, et il est essentiel pour nous de voir où ils en sont en terme de capacité « d’handi-accueil ».
Le rapprochement avec le programme Handivalides s’explique aussi sur un autre point. Même si les membres d’ARPEJEH sont des entreprises, les actions de l’association sont, comme pour Starting-Block, dirigées vers les personnes. C’est pour chacun de nous, la personne qui est au centre de nos préoccupations.
Faire changer le regard des étudiants valides sur le handicap est quelque chose de fondamental. Car, les étudiants handicapés réalisent leur parcours avec d’autres étudiants et il est important qu’ils ne soient pas exclus, même indirectement ou inconsciemment… ARPEJEH envisage d’ailleurs de développer, en collaboration avec Starting-Block, un programme d’accompagnement de collégiens et lycéens en situation de handicap par des étudiants eux-mêmes handicapés. Je pense que l’affinité des objectifs et l’expérience de nos asociations peuvent être profitable à ce projet.
Vous êtes intervenu sur plusieurs tables rondes organisées dans les universités et grandes écoles lors de cette campagne 2009, selon vous, qu’en est-il ressorti et quel était l’objectif pour vous ?
La vertu de ces tables rondes c’est bien sûr que les gens se rencontrent et échangent. Ces groupes de travail permettent à tous les acteurs qui accompagnent les étudiants en situation de handicap d’échanger leurs pratiques et points de vue, et cela est selon moi essentiel. Faire en sorte que les entreprises et associations rencontrent les chargés de mission handicap des établissements supérieurs est aussi un point primordial qui nous démontre l’implication essentielle de ces responsables. La situation d’une jeune personne handicapée peut trouver ses réponses dans l’investissement des multiples acteurs qui interviennent tout au long de son parcours.
Ces tables rondes, que l’on pourrait aussi par exemple envisager en cycles thématiques, ont ainsi révélé l’importance pour les personnes responsables de se rencontrer afin d’impulser un engagement, une volonté de faire bouger les choses. Pour exemple certains établissements du supérieur sont très mobilisés sur le sujet et ont une volonté réelle d’accueillir des jeunes handicapés pour leur parcours de formation post bac. C’est un point de rassurance essentiel pour les adolescents handicapés qui souhaitent construire leur projet de formation.
Il me semble d’ailleurs tout aussi essentiel que ces établissements, comme les entreprises, se rapprochent du jeune public très tôt dans le cursus de formation initiale, dès le collège, pour proposer les informations et les accompagnements nécessaires leur permettant des choix d’orientation éclairés.
Le mot de la fin…
Je crois énormément à la promotion d’actions comme la campagne Handivalides où la rencontre est au cœur du projet, car nous avons tous un grand intérêt à se rapprocher de l’autre différent, à développer un savoir et une connaissance commune à propos du handicap.
Propos recueillis par Pauline Beekandt, Starting-Block
10.03.09 : www.handicap.fr
Que signifie le sigle Arpejeh ?
Accompagner la Réalisation des Projets d'Etudes de Jeunes Elèves et Etudiants Handicapés.
Comment cette association a vue le jour ?
En février, SFR réalise, avec TH Conseil, une grande enquête sur la scolarité des jeunes handicapés. L'entreprise, en particulier son directeur de l'innovation, avait constaté un déficit de qualification des travailleurs handicapés, qui l'empêchait, notamment, d'atteindre les 6% d'embauche, et souhaitait étudier, en amont, les raisons du problème. Les conclusions de l'étude ont été présentées en juillet 2007. Nous avons ensuite mis en place des groupes de travail et les premiers statuts d'Arpejeh (association loi 1901) ont été signés en avril 2008 avec cinq entreprises signataires : SFR, Air France, LVMH, RTE et L'Oréal.
Certaines de ces entreprises sont très haut de gamme. S'investir dans des questions de handicap n'est-ce pas un peu « compromettant » pour leur image ?
Avoir une démarche en faveur de la diversité, c'est au contraire très porteur. Mais ce ne sont pas les raisons qui les motivent. Elles ont trouvé, par le biais d'Arpejeh, un moyen d'affirmer leur responsabilité sociale. C'est aussi souvent une affaire de personne : certains responsables de ces entreprises sont touchés de manière plus ou moins personnelle par le handicap. Leur engagement suffit parfois à impliquer l'adhésion de l'ensemble de leur société.
S'il n'y avait pas cette obligation d'embauche, ces entreprises auraient-elles la même implication ?
Oui, évidemment, cette initiative à vu le jour « à cause » des fameux 6% et on pourrait considérer qu'elles ne s'impliquent que parce qu'elles y sont contraintes. Mais rien ne les obligeait à travailler en amont et à s'intéresser au sort des élèves et étudiants handicapés. Elles souhaitent vraiment faire évoluer la situation pour favoriser leur formation et leur qualification et faciliter, à terme, leur insertion professionnelle.
Ces entreprises fondatrices ont-elles atteint ce quota des 6% d'embauche de travailleurs en situation de handicap ?
Non, et c'est bien là tout le problème. Elles oscillent entre 1 et 4 %, ce qui correspond à la moyenne de toutes les grandes sociétés du CAC 40.
Elles sont donc tenues de verser une contribution légale à l'Agefiph ? C'est ce budget qui est réinvesti dans Arpejeh ?
En effet, depuis 2005, elles ont la possibilité de signer un accord avec les partenaires sociaux pour conserver le montant de la contribution et mener des actions favorisant l'emploi des personnes handicapées. Il a donc fallu rencontrer la Direction générale de l'emploi et de la formation professionnelle pour valider la légitimité de notre projet.
Quelles ambitions, quel avenir pour votre association ?
Nous avons démarré avec 5 entreprises il y a moins d'un an. Aujourd'hui nous sommes 18, et je souhaite que nous puissions diversifier les secteurs professionnels, donc développer les propositions en direction des élèves et des étudiants.
De quelle manière Arpejeh s'implique-t-elle auprès des étudiants ?
Nous les informons sur leur parcours professionnel, nous répondons à leurs interrogations et nous les aidons à trouver des stages au sein des entreprises membres. C'est avant tout un accompagnement humain et professionnel.
Ce qui signifie qu'en aucun cas vous ne les aidez financièrement ?
Nous avions prévu cette possibilité à la genèse du projet mais nous n'avons pas donné suite car Arpejeh ne veut pas devenir une « Agefiph bis » pour étudiants et nous ne souhaitons pas venir en substitution des organismes publics en charge de ces questions.
Tous les étudiants peuvent vous solliciter, quelle que soit leur filière ?
Il faut évidement que leurs études puissent s'intégrer dans les domaines d'activité des entreprises membres. Pour le moment, nous n'avons pas grand-chose à proposer à ceux qui font un master en musique ou en histoire de l'art. Mais, avec l'arrivée de nouveaux partenaires, nous ne désespérons pas d'étendre nos opportunités à de nombreux secteurs.
Dès lors qu'un étudiant a fait un stage dans une entreprise, peut-on imaginer qu'il y soit embauché ?
C'est évidemment une possibilité. Même si nos actions ne s'inscrivent pas dans une démarche de pré-recrutement (a fortiori pour les collégiens qui sont en 3ème), on peut facilement imaginer qu'une rencontre dans le cadre d'un stage puisse faire naitre une histoire commune et générer ensuite une embauche.
Combien d'étudiants avez-vous déjà placés depuis la création de l'association ?
27 pour le moment mais nous n'en sommes qu'au début. Même si, pour l'instant, les stages sont surtout proposés en Ile-de-France, nous menons des actions de communication pour étendre notre réseau à toute la France. Il faudra, à terme, que notre existence soit connue dans tous les établissements scolaires, par plusieurs biais : les inspecteurs d'académie et les enseignants référents, le réseau associatif, et le CNSA, chef d'orchestre des MDPH.
Comment les étudiants peuvent-ils vous joindre ?
Sur notre site,www.arpejeh.com, rubrique « Contact ». Nous répondons dans la semaine. Mais je précise que nous ne sommes pas une hotline et notre vocation actuelle est principalement de répondre aux demandes de stages.
Propos recueillis par Emmanuelle Dal 'Secco

